mardi 27 février 2007

Un peu de rage dans un monde de brute

La Marseillaise s'est énervée

Aujourd'hui je me mets en convalescence, me suis pris une grosse claque. Sur le blog de Raksha, je me suis fait percuter par un clip que je me suis empressé de piquer. Il faut dire que je suis pas hyper fan des clips de rap genre "Mangez du poulet", "Je perds mes nerfs" et autres "Ma meuf m'a quitté et je suis super triste", c'est juste du hip hop de chambre. Ni du bad boy style façon "Tain la prison c'est dur, y'a qu'une douche pour 15", "Haut les mains, peau d'lapin" ou "Joli Noël au coin de la Punto qui flambe", c'est rien que du rap rayon lessive et détergents. Non, moi c'est la bonne vieille chanson française, engagement et textes inside. Mettez-moi un 33 tours de Lavilliers dans mon lecteur MP3 et je suis le plus heureux des mammifères équipés d'une paire d'oreilles et d'un cerveau. Bon, y'a bien Joey Starr, mais désolé Joey, Keny Arkana elle cogne encore plus fort. Le petit chaperon rouge du ghetto a les crocs et veut bouffer du grand méchant loup du CAC.



Ce clip mérite une meilleur qualité téléchargez-le en intégralité
sur son site


Une rappeuse laissant sans voix

Fini le rap "j'ai rien à dire, mais je le dis bien", habillé par des multinationales, roulant en véhicule anti-émeute chromé, clippé avec de la silicono-botoxée en bikini métalisé. Bienvenue dans l'autre monde, le vrai, celui qui ressemble pas à une pub pour chocolat chez l'ambassadeur. Le monde de lutteurs sociaux encagoulés, de militants casqués face aux murs tout aussi casqués des milices modernes. L'univers sombre qui se cache derrière derrière un disneyland factice. Merde, je me laisse aller à la poésie. Cette nana, faut pas la laisser seule, faut lui piquer ses textes et lui demander de ne pas descendre avant l'arrêt complet des hostilités. Sur le site de Raksha où j'ai trouvé l'enragée certains ont dit (pas Raksha) un peu vite que ça n'avait rien de constructif, sur YouTube on la compare à Diam's dans une orthographe bancale, enfin sur "musique.ados.fr" on peut voir des gamins écrire en texto qu'ils se sont intéressés aux textes (miracle !!!!). Avant qu'elle ne fasse marcher les paralytiques exclus de la mondialisation sur les zones industrielles, il serait bien de participer aux forums qu'elle organise sur le site appel aux sans voix.

Dormez tranquilles braves gens, les médias veillent
(fini de rigoler)


A ceux qui trouvent cette musique encore trop violente, méfiance... Si le calme est encore maintenu dans la rue, ça ne tient qu'à coup de tranxène médiatique. De temps en temps on t'agite un croque-mitaine borgne pour appeler à la raison et voter à droite. Mais à force d'accoutumance, le remêde n'agit plus sur ceux qui ne sont pas accro. La résistance s'organise, et ce n'est pas celle des vicomtes consanguins appelant à la guerre sainte. Oublie les clichés des banlieues, quand c'est Bonaparte qui flash. Tu consommes dans un monde qui ne fait pas seulement que cramer ses gamins dans ses transformateurs. Tu consommes dans un monde où des gamins balancent des cailloux sur des chars, paradent shootés kalach' en bandoulière, jouent aux gendarmes et au voleurs avec de vrais calibres et de vrais gendarmes. De quoi avoir la rage, non ?

Aujourd'hui, Brassens, Ferré et Lavilliers sont étudiés dans les écoles. Demain ? Pour tes enfants, petits enfants, arrière petits enfants, enfin ceux qui auront survécus, tu veux quoi ? Ophélie Winter, Lorie (en illustration du cours sur l'apogée du Raffarinisme en France), Michael Youn ou les textes d'une nana responsable ?

Febronio

5 commentaires:

raksha a dit…

Super ton article, ça décoiffe, et je suis heureuse de voir que tu prends le relais !! La première fois que j'ai vu le clip je me suis dit "ça c'est du J.Ferrat pour jeunes, mince ça existe encore des chanteurs engagé !!"
Connais-tu sa chanson "la mère des enfants perdus", j'en suis ébahie, comment une jeune fille de 24 ans put-elle exprimer aussi bien le malaise des banlieus ??
J'espère que les plus 40 ans auront le courage de lire et relire ses textes, et peut-être apprécieront-ils cette musique...Un peu brutal comme "antisocial" de Trust dans ma jeunesse!

Febronio a dit…

Raksha... ça va plus loin que la banlieue :)

Anonyme a dit…

eh...jsuis sans mots...je l'avais vu chez Raksha, mais j'ai souvent du mal à bien comprendre les mots...maintantn que je l'ai revu chez toi, je me suis mise à bien ecouter...et p...de m... elle est forte cette nana. Car effectivement, si on veux passer des messages aux jeunes, faut le faire dans leur style, avec leur mots, par eux...j'ai les frissons, et pourtant le rap n'est pas toujours ce que j'aime!

Névrosia a dit…

J'aime beaucoup votre style, je repasserai.

Thalys a dit…

j'ai aussi vu la vidéo chez Raksha. Je connaissais pas ce clip, mais la chanteuse, oui. Et c'est vrai que la chanson la mère des enfants perdus donne à réfléchir. C'est fort et bien observé. J'aime beaucoup cette chanteuse... la musique, je ne la trouve pas si violente que ça.
La vraie violence est la réalité de toute une frange de la population, pas forcément des "jeunes" d'ailleurs, mais plutôt une strate de population coincée dans des ghettos qui ne sont pas faits que d'immeubles, de quartiers, mais de toute une administration qui maintient ces gens la tête sous l'eau, les laissant sortir de temps en temps juste le temps de ne pas mourir noyé, mais les replongeant à la moindre tentative de s'en sortir réellement. Non, non, je n'invente pas! je peux apporter pleins de témoignage, dont le mien!